Comment vaincre la peur de se battre ?

Comment vaincre la peur de se battre ?

Vaincre la peur de se battre en ce convaincant qu'il faut arriver à la surmonter avant de pouvoir se défendre lors d’une bagarre ou d’un affrontement, est une erreur. Du coup comment s’entraîner à vaincre cette peur pour qu’au moment de se battre elle ne soit pas un handicapante ? Le seul moyen de surmonter cette peur est de se battre contre elle physiquement, psychologiquement ou verbalement. La peur est une émotion que tout être humain ressentira à différents degrés face à un obstacle inhabituelle ou à une difficulté occasionnelle. Ce sentiment est propre à la nature humaine.

Avoir peur de certaines choses, comme de se battre est utile, car elle permet l’évitement. Évitement, et non fuite qui est le meilleur moyen de protection. La peur de l'échec peut également nous inciter à essayer de bien faire pour ne pas échouer. Mais à partir d’un certain degré si le sentiment est trop fort, cela peut également nous empêcher d’entreprendre. Ce dont avons peur et comment nous agissons quand nous avons peur de quelque chose varie également selon chaque personnalité.

La peur de se battre est une inquiétude souvent commune, car il s’agit d’une peur situationnelle : craintes suscitées par une situation spécifique inconnu. Empiriquement, il est possible d’affirmer que peu de personnes sont formés à se battre. Au niveau de la survie de notre espèce, la peur est un moteur qui permet d’avancer et de prendre les précautions nécessaires pour pouvoir y faire face.

La peur au quotidien

Au quotidien soudainement et automatiquement l'organisme est alerté par l'existence d'un danger extérieur. Si les hominidés, comme toutes les autres espèces sont parvenus à survivre et à prospérer malgré les dangers de l’environnement, c'est en grande partie grâce à la peur.

Il s'agit d'un système réflexe ancestral, activé par le cerveau reptilien, à l'impulsion de certains stimuli (extérieur dans une bagarre), perçus comme des signaux de danger pour son intégrité physique. Le cerveau reptilien n’apprend rien et est totalement défini par l’évolution des espèces. Son rôle est de gérer nos instincts de vie et de survie. C’est pour ces raisons :

  • qu’il n’est pas possible de vaincre ce mécanisme réflexe, qui permet à l'organisme de réagir rapidement ;
  • qu’il est impossible de croire que la peur puisse être maîtrisé.

Le reste du temps quand ce n’est pas le cerveau reptilien qui gère, nos capacités intellectuelles nous permettent d’appréhender quotidiennement ces peurs. Alors que le plus souvent, elles n’existent souvent que sous-forme de pensées. La pensée étant créatrice, nous pouvons créer nos peurs sans y être confronté. La peur peut dérégler le métabolisme et créer toutes sortes de désordres physiques et psychologiques, telles des palpitations cardiaques, des troubles intestinaux, des sueurs froides, des tensions nerveuses, des états dépressifs, et une foule d’autres problèmes de santé. Il est nocif pour notre organisme d’avoir peur d’avoir peur.

Les plus grands combattants ne se battent pas sans peur. Ils luttent contre elle, font avec, voir s’en servent.

Qu'est-ce qui nous fascine dans la peur de l'inconnu ?

Lorsque la peur est étudiée, ce sont souvent les craintes qu’il est possible d’identifier, quelque chose que nous connaissons, comme craindre un serpent. Techniquement parlant, la peur a pris un objet (le serpent); mais que se passe-t-il quand nous appréhendons une peur, mais qu'il n'y a pas d'objet ? Lorsque nous ne le savons pas, notre imagination peut remplir ce vide avec toutes sortes de fantasmes, aggravées par le fait qu'il existe des quantités de probabilités que nous ne pouvons pas imaginer, car elles dépassent tout ce que nous avons expérimenté. HP Lovecraft (1927) a illustré il y a bien longtemps : « L'émotion la plus ancienne et la plus forte de l'humanité est la peur, et la peur la plus ancienne et la plus forte est la peur de l'inconnu. ».

Les recherches cumulatives (1) menées à ce jour suggèrent que nos interactions avec les inconnus sont un élément essentiel pour comprendre la psychopathologie liée à ces peurs de vaincre la peur de se battre. Cependant, il est de plus en plus évident que nos interactions avec les inconnus jouent un rôle clé dans de nombreux autres aspects de l'expérience humaine, voire la plupart d'entre eux, des émotions à la personnalité en passant par la prise de décision. En conséquence, mieux nous pourrons comprendre nos interactions avec des inconnus, mieux nous pourrons gérer ces interactions et nos vies. Nous pouvons améliorer nos interactions avec les inconnus en reconnaissant que ceux-ci peuvent nous faire peur, mais nous ne pouvons pas toujours savoir et nous devons donc nous entraîner à ne pas savoir.

Le manque d’exposition à la peur ?

Par manque d’exposition à la peur les sociétés des pays dits « développés » n’habitue plus autant l’être humain à être capable de réagir. Quoi qu’il arrive, face à une peur intense, notre cerveau reptilien sera toujours prêt. La pression reptilienne demeure. Elle est même renforcée quand l’état de peur augmente en intensité. Le cerveau reptilien est primaire dans son fonctionnement. Son registre est exclusivement basé sur l’axe plaisir/déplaisir, avec un arrière-plan aussi archaïque que subconscient et efficace : l’axe vie/mort. Aussi basique en soi qu'indispensable, car son rôle est de nous protéger.

Depuis toujours toutes les sociétés humaines ont condamné la violence. De nos jours, la pression sociale, l’éducation... Inculque depuis l’enfance « qu’il ne faut pas le faire ». Biaisé et utopique, mais c’est une nécessité. Bien que ce ne soit jamais une bonne solution, que cela soit verbalement ou physiquement, parfois combattre est inévitable. Cette condamnation et réprobation plus ou moins sévère de la violence visant une personne, ses actes à d’une certaine manière « portée ses fruits » au niveau sociétal. Sauf, qu’elle a engendré malgré elle des générations d’hommes et de femmes qui ne savent plus se défendre. Savoir se défendre est quasiment devenu élitiste ou sectaire.

Les moyens pour ne pas avoir peur ? Rien de plus facile que de couper la parole à quelqu’un lors d’une altercation verbale, ou bien de l’insulter par énervement. La réaction de l’interlocuteur n’en sera qu’une surenchère de l’agressivité. Il n’est pas nécessaire de posséder le moindre savoir faire et d’un long apprentissage pour pratiquer ce genre de maladresse. En revanche, faire baisser l’agressivité d’un interlocuteur relève d’un degré de connaissance et de savoir faire plus élever.

Traiter directement la peur ? La seule façon de faire face à la peur est de l'aborder de front. Le déni est une tendance naturelle de la nature humaine. Se forcer à faire face à une situation de peur dans la vie renforcent l’estime et la confiance en soi. Tant que ce sentiment de peur ne dépasse pas une certaine mesure, il est de toute façon bénéfique. Par contre, lorsqu’elle empêche d’avancer, il devient capital de le combattre.
 
Conclusion
 
Nous savons tous que nos peurs ne sont pas fondées sur la réalité. À partir du moment ou nous y avons été confronté au moins une fois, la peur de se battre est justifié. Le reste du temps, il s’agit d’une peur de l'inconnu basée sur notre perception de ce qui pourrait arriver dans le futur. La peur n’est pas un sentiment qui disparaît en un clin d’œil. Il faut du temps et de la volonté pour y parvenir. Surmonter la peur demande un travail sur soi, une volonté de repousser petit à petit ses limites et un jour, les abolir. Il est indispensable de s’entraîner. Pour ne pas avoir peur de se battre, la seule possibilité est de venir pratiquant, entre autres de krav maga. Pour que le moment voulu ce savoir-faire puisse compenser un tant soit peu cette peur. Le reste des recherches de solutions n’étant qu’illusion.

Sources

Fear of the unknown: One fear to rule them all ? R. Nicholas Carleton
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0887618516300469