Entraînement au combat : prises de décision

Prendre les bonnes décisions en combat ?

Prendre les bonnes décisions en combat ?

Les décisions humaines sont guidées par les résultats associés lors de décisions prises par le passé. Même si cela s’avère difficile, l’entraînement au combat, sur les prises de décisions se devra donc être le plus proche possible de la réalité. Cependant, l’influence de chaque résultat passé sur notre prochaine décision n’est pas encore clairement clarifiée par la science. En krav maga et d’autant plus à l’entraînement, afin d'assurer une prise de décision optimum, le poids accordé aux résultats de nos décisions devrait refléter leur importance dans la prédiction des résultats futurs. La réponse sur un type d’attaque ne devrait pas être modulée par la volatilité de l'environnement de récompense. Les humains évaluant la volatilité de manière optimale et ajustent leur prise de décision en conséquence.

Cette estimation optimale de la volatilité est reflétée dans le signal IRM dans le cortex cingulaire antérieur (1) lorsque chaque résultat d'essai est observé. Le cortex cingulaire antérieur jouant un rôle sur les fonctions cognitives, telles que l'anticipation de récompense, la prise de décision, l'empathie et l'émotion. Lorsqu'on assiste à une nouvelle information, les niveaux d'activité reflètent son importance pour prédire les résultats futurs. En outre, les variations de ce signal dans la population prédisent des variations des taux d’apprentissage des sujets.

Chaque jour, nous sommes inondés de décisions à prendre, grandes et petites. Comprendre comment nous parvenons à faire des choix est un domaine de la psychologie cognitive qui a retenu l’attention de beaucoup de scientifiques, au vu de son champ d’application et qui s’avère primordial dans un combat. Des théories ont été générées pour expliquer comment nous prenons nos décisions et quels types de facteurs influencent ces prises de décisions dans le présent et le futur.
Les facteurs qui influencent notre prise de décision :

  • l'expérience passée (Juliusson, Karlsson et Görling, 2005) ;
  • les biais cognitifs (Stanovich et West, 2008) ;
  • l'âge et les différences individuelles (Bruin, Parker et Fischoff, 2007) ;
  • la croyance en la pertinence personnelle (Acevedo, & Krueger, 2004) ;
  • et une accumulation de ces facteurs.

Taux d’apprentissage et perception

Selon les modèles d'apprentissage par renforcement, lorsqu'un animal (humain ou non-humain) reçoit de nouvelles informations, il met à jour sa perception de l'environnement en proportion de son erreur de prédiction. Perception qui correspond à la différence entre les résultats attendus et les résultats réels. Cependant, il est souvent négligé de le multiplier par un facteur supplémentaire appelé le taux d’apprentissage, pour déterminer le degré de mise à jour de la valeur d’action. Bien que le taux d’apprentissage soit une caractéristique fondamentale du comportement de tous les organismes, reflétant le rythme auquel les nouvelles informations remplacent les anciennes, il n’a jamais été déterminé si, comment ou pourquoi elles changent. En neurosciences, il est habituel d’adapter le taux d’apprentissage aux données observé. Le taux d'apprentissage doit être défini de manière à ce que l'organisme maximise son pouvoir de prédire les résultats futurs, ce qui est l'objectif du processus d'apprentissage. Les preuves que cela peut-être le cas ne provient pour l’instant que de comparaison d'études sur la prise de décision chez d’autres animaux. Cependant, il manque des preuves directes que les manipulations de la volatilité modifient les taux d’apprentissage.

Le temps, valeur décisionnel de l'information en combat ?

Lors ou avant un combat des décisions sont prise à un moment donné dans un ensemble de circonstances particulières. La situation de décision peut changer très rapidement, de sorte que ce qui semblait être une décision rationnelle à un moment donné peut sembler être autre chose que cela. L’un des aspects de la dimension temporelle qui ressort particulièrement de l’approche décisionnelle fondée sur la « poubelle »(3) est que le résultat d’une décision peut être affecté par des événements simultanés, mais qui y sont liés. Au vu des conséquences, les prises de décisions lors d’un combat ne peuvent s’accompagner d’hésitation ou de regret. Les paramètres et le résultat étant par principe aléatoires, la sanction d’une hésitation en sera immédiate.

Le temps est également un facteur qui influe sur la nature de la participation de la personne à la prise de décision. Des compétences sont nécessaires pour pouvoir juger de l'urgence des processus décisionnels qui doivent être impliqués :

  • à quelles étapes de la prise de décision ;
  • dans quel cadre de temps
  • quelles ressources techniques particulières ;
  • dans quelle mesure le moment peut encore être négociées et avec qui. (4)

Conclusion

Les éléments de changement, de risque et d'incertitude sont des impondérables en combat et dans les situations de décision de son quotidien. Reconnaître et donner un sens à ces éléments sont deux des principaux défis auxquels sont confrontés les décideurs et que la formation des 3 métamorphoses est à même de vous proposer. Le risque en combat implique que nous sachions quels peuvent être les résultats d'une décision et que nous connaissons ou pouvons déterminer la probabilité d’une partie du résultat. L'incertitude, par contre, implique qu'il y a des inconnues et que nous pouvons au mieux deviner les résultats possibles, leurs probabilités ou envisager un éventail de scénarios imaginés. Il existe des moyens de réduire certaines de ces inconnues en utilisant des données pertinentes, des techniques et l’expérience du formateur. La plupart des idées et techniques présentées dans ces cours sont destinées à vous aider pour reconnaître et à évaluer différents aspects des situations de décision, à déterminer celles qui sont pertinentes et ce que vous pourrez utiliser.

Sources

(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Cortex_cingulaire_ant%C3%A9rieur
Learning the value of information in an uncertain world
Timothy E J Behrens, Mark W Woolrich, Mark E Walton & Matthew F S Rushworth
http://www.its.caltech.edu/~pbs/expfinance/Readings/BehrensRushworthNN2007.pdf
(3) L’approche « poubelle » dans la prise de décision a montré que la situation de décision est  compliquée et que des événements apparemment sans rapport peuvent affecter les résultats de la décision, en fonction de ce qui se passe au moment où la décision est prise. Pour tous et toutes, il y aura à la fois des " connus " et des " inconnus " dans une situation de décision
(4) Introducing environmental decision making
https://www.open.edu/openlearn/nature-environment/introducing-environmental-decision-making/content-section-1.2